L'informel dans ta face

Publié le par aziyadee-in-asia.over-blog.com

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Le secteur informel vous le connaissez et le côtoyez sans le savoir : c’est la moto taxi (xe om) qui vous transporte en ville, c’est le restaurant de rue dans lequel vous mangez votre soupe de nouilles au bœuf (Pho bo), ce sont les marchandes  à palanches auxquelles vous achetez fruits et légumes à Chau long, c’est le tailleur qui a installé sa machine  à coudre dans sa cour, c’est le vendeur d’essence qui a posé sa bouteille unique de pétrole à  même le trottoir, c’est le coiffeur qui a accroché un miroir sur un mur de l’espace public, c’est le cireur de chaussures ambulant qui s’annonce en criant ‘Khaû Giay’, c’est le transporteur à bicyclette des cylindres de charbons, bref ce sont ces mille et un petits métiers qui huilent les rouages de l’économie vietnamienne et assurent un emploi et un revenu à une grande partie de la population vietnamienne, notamment urbaine. Il faudrait être aveugle pour ne pas les voir et pourtant…

 

Bien que le secteur informel représente une composante massive de l'économie vietnamienne (50% des emplois non agricoles) et qu’il a joué le rôle d’un amortisseur de crise considérable permettant au Vietnam de se remettre très vite de la crise financière internationale en absorbant des flux de main d’œuvre et garantissant des revenus aux populations, ce secteur n’est absolument pas reconnu par l’Etat. Ce dernier ne jure que par les tentaculaires entreprises d’Etat dans lesquelles il investit souvent à perte des milliards de dong et ne voit l’avenir économique du pays que par la lorgnette des grandes entreprises du secteur dit ‘moderne’.  Avec la croyance dure comme fer que le Vietnam va se transformer, par on ne sait quel coup de baguette magique, d’un pays de paysans les pieds dans les rizières en un pays de travailleurs les mains sur les chaines de montages des usines d’exportation.

 

C’est tout le mérite de nos amis chercheurs de l’Institut de Recherche pour le Développement, Mireille et François, que de révéler et de travailler à faire exister dans les statistiques officielles ce secteur informel, contribuant ainsi à démystifier les dynamiques de l’économie vietnamienne et à en réincarner les millions d’acteurs laborieux et anonymes. Ils quittent le Vietnam dans quelques jours, nous espérons que ceux qu’ils ont contribué à former sur place continueront leurs travaux. Bon vent.

 

Publié dans Economie et Societe

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