Laos # 11: L’artisanat des escogriffes

Publié le par aziyadee-in-asia.over-blog.com

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                                                                                   @To-Pi confectionnées par des femmes Akha du Nord du Laos

 

La première fois que nous avons rencontré un escogriffe à Luang Prabang avec Aziyadée en 2010, nous ne savions pas trop ce que c’était ni même comment cela s’appelait. Nous avions juste été séduites par l’originalité du travail de borderie, l’explosion des couleurs et nous n’avions pu résister à l’appel d’un petit caméléon qui depuis est accroché dans notre maison à la rampe de notre escalier et fait partie de notre environnement quotidien.

 

 Second voyage au Laos et le mystère se dévoile peu à peu.  Tout d’abord nous apprenons le nom de ces bestioles et poupées en tissus : un escogriffe. Alors la j’ai quand même du sortir le dico de retour à la maison pour mieux comprendre de quoi ca retournait. J’ai donc appris qu’un escogriffe est par ironie et familièrement un « homme de haute stature, généralement mince, mal bâti, dégingandé » dont le synonyme pourrait être « échalas ». Et oui cela va plutôt bien à ces poupées toutes molles dont la minceur et longueur des jambes laisse imaginer une démarche inégale. L’escogriffe c’est encore « celui qui prend hardiment sans demander » dans la mesure ou le verbe « griffer » au XVIIème siècle se comprend dans le sens de « ravir » ou bien « emporter ». Nous avons donc bien été sujettes à un tour d'escogriffe puisque ces derniers nous ont ravis le cœur au point d’en ramener toute une tripotée.

 

Ensuite, c’est l’histoire de cet artisanat qui s’est éclairée à la lecture d’un livre «  Le bal des To-Pi » trouvé dans une librairie de Vientiane et publié par l’association Akha Biladjo. Cette dernière travaille depuis 2003 à soutenir l’activité artisanale initiée par les femmes Akha qui ont décidé pour des raisons économiques d’utiliser les techniques de broderies de leurs costumes traditionnels sur d’autres supports afin de les commercialiser et d’obtenir un complément de revenus.

 

« Les Akha de la province de Phongsaly ont longtemps pratiqué une agriculture itinérante, complétée par la chasse et la cueillette dans un système d'autosuffisance. Depuis quelques années, ils se sont rapprochés des plaines, incités par le gouvernement laotien à cultiver de la canne à sucre. Les Akha doivent relever de nouveaux défis : proches des routes et des marchés, ils s'impliquent dans une économie marchande. L'artisanat devient dès lors une source de revenus substantiels pour bon nombre de femmes. »

 

Enfin, c’est le monde des escogriffes qui s’est ouvert, véritable fenêtre sur l’imagination débordante des femmes Akha qui d’animaux mal-aimés (gecko, chauve-souris, dragon, etc.) en poupées farfelues créent un univers singulier propice à 1001 histoires fantastiques.

 

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Jo 01/03/2012 20:27

Ca vaut largement les déglingos !